vendredi 11 avril 2008

Poésie des corons.



Les textes qui suivent sont de Jules MOUSSERON(le poète mineur).
Je les ai extraits de « Autour des terris »; « Mœurs et coutumes du Pays Minier »
(Poésies patoisantes) daté de 1928!


Le premier texte est étonnant aujourd'hui; il faut bien penser qu'il a été écrit au moment où les Houillères du Nord de la France faisait vivre une grande quantité de mineurs.

Les Terris d'Ostrevant

L'Oatrevant,viell' tierr' franque' et l' pus fertil' des tierres,
Donnée in réoompinse à nos chefs les pus forts,
A vu des 'lutt's terrip's d'où l'unité première
D' la" Franc' dévot sortir au prix d'sanglants efforts,

Mais, ,durant des longs siècl's, ses bell's plain's si prospères
Ont répandu la vi' dûss' qu'in donnot la mort.
Ch'tot l’guernÏer d'abodance ed' la Flandr’ toue intière:
Par cars et par batiaux s'inl'vot'nt ses moissons d:or;

Un autr' trésor dormot sous chell' tierr' vénérée.
Un jour, l’homme creusa l' sol, l’ carbon cangea l' contée
Et donna la richess' sous ses noirs pavillons,

A ch’t’heure, près des mués d’blé formés d’blondés javelles,
Les terris, comm’ d’ autr’s mués, gigantesques mamelles,
Drêch’nt leus point’s in offrande à nos biaux ciels wallons.

Le deuxième montre bien le cœur énorme des gens de bien piètre condition qui savent ce que misère veut dire.

Tableau de rue

Un homm' vêtu d' viell's loqu's sans nom,
Vieux mendiant à l' limit' dernière,
Est là, fonflissaut su s' bâton,
Courbé sous l' fardiau d' ses misères.

Eun' pauv' veuv' r'vient d’ toucher s’ pinsion,
- Modiqu' somm' ; moins qu’sin nécessaire -
C’ bonn' viell' femm', frappée d’compassion,
Met vingt sous dins l' main du pépère.

Et all' dit in s' sauvant viv'mint:
«Faut point qu'i voch' mes pauv's vêt'mints:
I r'fus'rot mes sous, craint' dé m' nuire.

Mais i n' m'a point vu', l' pauver vieux,
Tell'mint qu'il est ployé in deux:
Core heureus'mint! ... si in peut dire....

Ce troisième parle des séquelles de la première guerre mondiale et de cette jeunesse qui fut non scolarisée; il reste néanmoins une volonté de sourire.

Un gamin d'après guerre
Pour Léon Bocquet

La Guerr' maudite a mis l' mond' sens su d'sous.
AIl' a cangé' la vie et tout s' d'aIlache.'
D' gins raisonnap's, alle a fait des d'mi-fous
Et s'mé l' pathiau dins eun' masse ed' ménaches.

ln s' sintira longtemps d' ses résultats, .
Nous aut's surtout, in région libérée.
Permettez-m'in d' vous in citer un cas
Qui s'a passé par chi, dins not'contrée.

Un tiot gamin ed' treize à quatorze ans,
Qui n' savot point cor ni Iir' ni écrire
Parc' quê s' maman l'avot laissé tout l' temps
Vabonder, sans busier à l'instruire, -

S' mère aIl' voulot Ii fair' faire s' communion.
l n' connaissot pas un mot d' catéchime,
Un jour pourtant, l' bonn' femme invo' s' garchon
A confess', comm' si ch'étot pou la frime

V'là l' pauvre infant. dins l' noir confessionnal,
D' peur i-a ses g'noux qui buqu'tent su l' bois'rie,
Et quand in li-ouvre el trapp' du tribunal,
El malheureux i-est saisi t'qu'à l' vessie.

Monsieur l' vicaire i Ii dit d' commincher.
Mais l' tiot gamin rest' muet', l'air tout bête
Il n arnifell', soupire in s' grattant l' nez:
« Commencez donc-! qué l' curé Ii répète.

- Pou commincher, qu'est-c. qu'i faut die, Monsieur ?
- N' dit's pas Mom;ieur, d'abord! Dites: « Mon père » ;
- Commint, mon pèr' ! qu’i berdoul1 elpauv’ fieu,
- Vous' veulez ' rire ed' mi, Monsieur l’Vicaire ?

- Non, mon ami, allons, dépêchons-nous:
. - Dit's bien: «Mon pèr' » . . . D'avanc'ej vous excuse
- Mon pèr'! Mon pèr'! bé, vous m'estoquez tout!
- Mais oui, voyons, dit's: «Mon pèr', je m'accuse... »

- Oui, oùi, j' comprinds, mais j' sus tell'mint saisi...
- Pour dir', « Mon père» ? Ai-j' donc l'air si sévère ?
- Ch' est drôle ! Eh bin, vous êts ém' père, ainsi ?
- Oui, mon enfant,. ici je suis vot' père.

- Bin, in v'là eun'! j' n'ai pourtant pas rêvé ?
- Ah 1 ch'est vous m'pèr' ! qué l' bon Dieu vous bénisse!
Quê j' sus contint d' vous avoir artrouvé 1
M' mère ll' cache après vous d' pus l'Armistice !

Le quatrième texte est plus léger.


Politesse ed’ nouvel an

Ch'étot l' jour deI nouvelle année.
Au matin, malgré l' fort' gelée,
Malgré l'.coin du feu qu' j'ai si quier,
Dins m'gardin, tout seu, j' perdos l'air.

,
Jé m'prom'nos in çhuchénant m' pipe,
Quand j'aperchos m' visin, l' grand Ph'lippe,
Qui s' dém'not dins s' parc ed' porions
Pou n' d'avoir à mettre au bouillon.

L' grand Ph'lipp', déjà d"un certain âche,
Ch't' un bon visin; mais, - ch'est dommache ! –
Il est sourd, sourd comm' trent'-six pots!
I n'intind non pus qu'un caillau. .

El pauvre homm', réVillé à peine,
Piochot avecun pic à l' veine
Dins s' parc ed' porions ingéles.
I tapot comme un sourd qu'il est.

J' li crie pa d'sus deI palissate:
« Eh ! bin, quéqu' vous it's, comarate ?
Il a cor bin gélé ch' matin. »
Li m' répond: « A vous parell'mint!»

Le cinquième "poème" montre que l'on peut s'amuser sans bourse délier.


Les bouchons révélateurs.


A.Henri Guillaume.

A Cafougnette, el ninoche,
J'ai d'mandé pourquoi i m'tot
Des bouchons d' Champagn' dins s' poche,
A chaqu' fos qu'il in trouvot:

-« Bé, qu'i répond Cafougnette,
Comm' min yisin, Cahuant,
Est jaloux et malhonnête,
Jé m' moque ed' Ii d' timps - in temps.

Et ces bouchorls pleins d' dorures,
Tous les lundis, au matin,
J' les mets su m' bac à z-ordures...
Puis, d'Ion, j'observ' min visin.

Cha l' fait bisquer, cha l' démonte!
I dit in crachant s' n'amer:
« Ch' pouilleux-là, qu'mint qu'i fait s' compte ?
I-a cor bin vécu hier ! "

Le sixième récit me rappelle que mon grand père maternel est devenu galibot à 12 ans. Sa mère qui ne voulait pas qu'il aille "au fond" a toujours refusé de le réveiller le matin. Il allait à pied jusqu'à la fosse distante de quelques 3km de chez lui. C'est mon père instituteur qui lui a appris à lire alors qu'il avait 33 ans afin qu'il puisse devenir porion!


Souvenir d'infance


A cent-seiz’ mètr’s, étant gamin,
J’ouvros comm’ galibot à l’fosse,
Quand au jour, i pssot un train,
Cha craquot, efftayant les gosses.

Si bin qu’l’heur’ du briquet, l’matin,
S’annonçot par grond’mints atroces ;
Et quand d’s’in aller ch’tot l’momint,
Un aut’train grondot la mêm’ chosse.

L’fracas sonnot les heur's ainsi.
J’m’aros j'té dins un tro d' souris'
Tell'mint qu' j'avos peur dé c't' horloche.

A ch't' heur', sous tierre, à pus d'mill' pieds,
L’gamin aim' bin l'heur'du briquet… ;
Mais, mi, j' mouros d' peur à s' n'approche.

mercredi 2 avril 2008

Le point-virgule.




D’après Guillemette Faure | Rue89 | 24/03/2008 |
…Le point-virgule intimide. « Les gens ne savent souvent pas l’utiliser. Il est un peu hybride entre le point et la virgule….C’est qu’on appelait la virgule forte au XVIIIe siècle. Parfois il est plus proche du point et on le met quand on change d’idée. »
(Rappel pour les handicapés de la ponctuation : le point-virgule s’utilise avec deux membres distincts qu’on veut mettre en opposition ou en parallèle.)
… Où trouver les derniers points-virgules vivants ? Dans la presse. Sylvie Prioul*, qui a passé en revue un numéro entier de L’Humanité pour n’en trouver qu’un (perdu dans un édito), conseille de fouiller les pages d’analyses des quotidiens. « Ce qui fait survivre le point virgule, ce sont les tribunes, les pages rebonds, ce qui est un peu long. »
Et en littérature ? Peut-on encore espérer en croiser quand Annie Ernaux dans son dernier bouquin balance des souvenirs sur des pages sans majuscules ni points ?
On rencontrera le point-virgule avec plus de chance chez les auteurs du XIXe siècle – Victor Hugo, Flaubert – qui en sèment à longueur de pages. Plus récemment, Houellebecq l’utilise en toute simplicité. « Il n’arrivait plus à se souvenir de sa dernière érection ; il attendait l’orage. »
Faute de mieux, restera toujours le Journal Officiel qui en utilise à foison pour ses énumérations. Autre utilisation technique de la ponctuation, les programmeurs informatiques en utilisent aussi à loisir pour les séparations. Dernière étape avant qu'il ne soit plus qu'une larme de binette.
Le « comité de défense du point-virgule » a disparu de la toile.

*Sylvie Prioul : auteure de La Ponctuation ou l'art d'accommoder les textes,

jeudi 6 mars 2008

Convictions selon les circonstances.



Je découvre des gens extraordinaires en Dordogne.
Le dernier exemple est Monsieur Jean-Paul Goubie, patron départemental du MEDEF, chef d'une entreprise de 150 employés produisant du bois de construction à Prigonrieux.
Il conduit, à Prigonrieux (commune de 4000 habitants limitrophe de Bergerac) une liste soutenue par l'UMP et le Modem, contre trois autres de gauche.
Mais s'agit-il d'une liste de droite ?
"Oui et non, en fait. Comme le dit ce spécialiste de la vie politique prigontine, qui tient par dessus tout à rester discret : « Ici, la tête de liste la plus à droite n'est pas celle que l'on croit, et la tête de liste la plus à gauche n'est pas non plus celle que l'on croit.» Une aspirine ?
Jean-Paul Goubie est issu d'une vieille et emblématique famille communiste de Prigonrieux. Mais c'est un patron. Du coup, on s'y perd un peu. A la présidentielle, il vote pour la socialiste Royal. Aux cantonales, il vote pour le communiste Zaccaron (maire de La Force). Aux législatives, il vote pour l'UMP Garrigue (maire de Bergerac). Et aux municipales ? Il vote François Lasternas (maire sortant de Prigonrieux), comme (presque) tout le monde. « Je suis pour la politique pragmatique », dit-il. C'est le moins que l'on puisse dire..." (extrait de Sud-Ouest.com du mercredi 5 mars 2008)

mardi 4 mars 2008

Nos racines

Pour une fois, je laisse dire et ne rajoute rien. Cet article me convient parfaitement.

Judéo-chrétien

Il est des phrases qu'iI faut qu'on tue
. De ces sentences péremptoires, éructées une fois pour toutes par un pompeux imbécile qui croyait avoir inventé le papier tue-mouches ou par un homme d'esprit - c'est un métier? - tout heureux de laisser au monde ébloui un de ces aphorismes qu'on pose sur la cheminée du salon pour les regarder bien à l’aise.
Voici la formule. Elle s'assène avec une calme certitude, en début de cours ou de discours, assurée que nul ne songerait à la discuter, pas plus u'on ne discuterait la constatation que le soleil se lève à l’est:
« Du fait de notre culture profondément judéo-chrétienne, nous, Occidentaux... etc. »
Variante: « Il est certain que notre civilisation, fruit d'une pensée essentiellement judéo chrétienne... etc. »
Ou encore: « Notre philosophie, notre aptitude au raisonnement scientifique, notre sensibilité artistique, nos conceptions morales même sont le produit de deux mille ans de christianisme. C'est par cette tournure de pensée judéo-chrétienne que l’Occident a su s'imposer au monde entier, en faire la conquête, comprendre l’Univers, déceler les lois qui régissent la nature, soumettre celle-ci à la satisfaction de nos besoins... etc. »
Eh bien, non. Ce qui caractérise la pensée dite « occidentale» n'a rien de judéo-chrétien, pour autant que ce mot à charnière signifie quelque chose. La pensée rationnelle est apparue – longtemps avant la naissance du supposé Christ - en Grèce. « Rationnelle» parce que enfin elle avait pu fonctionner en faisant fi des pulsions perturbantes des instincts, peurs, passions, sentiments et autres pièges de l’irrationnel. Ce ne fut pas l’effet d'un miracle, une espèce d'illumination. J'imagine que cela se fit par étapes. Enfin la méthode était prouvée.
Cette méthode - la pensée féconde – fut transmise par la Grèce à Rome. Elle disparut peu après les débuts de l’ère qu'on dénomme « chrétienne », sous les coups des barbares teutonesques, certes, mais surtout par la
Minutieuse autant que brutale extirpation des empereurs devenus chrétiens et prosélytes.
Il se peut que j'insiste un peu trop sur des faits supposés scolairement appris, veuillez me le pardonner et sautez le passage. La nuit médiévale devait durer du quatrième au seizième siècle. Mille deux cents ans. L’Occident n'était que fracas d'armes et bourdonnement de patenôtres.
Cependant l’héritage grec - gréco-romain! - se cramponnait à la vie, dans les cerveaux fertiles de penseurs arabes et juifs que leurs religions laissaient libres sur ce point tant qu'ils ne touchaient pas aux dogmes. Il est amusant de se dire que les croisades, ces massacres imbéciles au nom de la foi, contribuèrent aux premiers
contacts, aux premières curiosités entre l'Occident abruti par l’Église et l’Orient plus ouvert à la pensée objective.
Vint la Renaissance. Vinrent les Lumières. On osait secouer la lourde chape. La pensée, d'abord timidement - elle eut ses martyrs -, reprenait vie. Et ce fut l’embrasement. Quand on commence à raisonner, à observer, à expérimenter, causes et effets s'enchaînent, accélèrent, la connaissance n'a plus de limites. Le dogme est immuable. La science vole vers la lumière
Encore une fois pardonnez-moi ce rabâchage un peu trop scolaire. Il n'était pas superflu pour conclure que
rien, là-dedans, n'est l’effet d'une pensée « judéo-chrétienne ». Les progrès de la connaissance ne lui doivent rien. Tout au contraire, cette « pensée », c'est-à-dire l’Église, a tout fait pour en contrarier l’émergence. Le christianisme fut une tumeur, une excroissance pathologique qui eût pu être mortelle. C'est lorsqu'il se fut enfin débarrassé de cet étouffoir que l’esprit put fonctionner à 'pleine puissance.
Je ne prétends pas que la pensée rationnelle soit le fait exclusif d'athées ,ou de sceptiques. Je dis seulement que ce n'est pas dans la Bible, dans les Évangiles ou dans un quelconque livre dit « saint » que Newton, Copernic, Galilée, Einstein, Avicenne, les Curie, Watson et Crick… sont allés chercher des principes de raisonnement. Tout scientifique accroche Sa foi au portemanteau du vestibule avant d'entrer dans son laboratoire.
Vous pensez que je me tracasse pour des vétilles? Que désormais la foi reste bien sagement à sa place, à genoux dans l’église, laissant la raison s'occuper des choses sérieuses? Écoutez la rumeur. Elle a de plus en plus un ton de psalmodie qui, sournoisement, couvre peu à peu les autres voix. Des hommes d'État militent pour que le mot « Dieu» ou, à tout le moins, une référence à la christianité foncière de l’Europe soient mentionnés dans la Constitution de l’Union. Un président de la République - le nôtre! - veut introduire plus de « spiritualité» - celle des sorcières et des curés - dans la vie sociale et politique.
La cause est entendue. La part « judéo-chrétienne» de la pensée occidentale est une excroissance parasitaire, un anti-progrès, une maladie mentale du corps social. Comme toute pensée tordue par une religion. Nos fondations reposent sur le roc gréco-romain, s'il faut absolument lui donner un nom à rallonges.
Il ne manque pas d'écrivains, de philosophes, voire de scientifiques, pour essayer de marier la foi religieuse et la raison raisonnante. Acrobaties de timorés...
Je sais. Récuser Dieu n'est pas, mais pas du tout du tout tendance. On ne se refait pas.

Cavanna Charlie-Hebdo Mercredi 20 février 2008



dimanche 24 février 2008

Cyrano


Ce vendredi 22/02/2008, nous avons vu et aimé la pièce de J.Y. Bertin "On monte Cyrano" avec des extraits d'E. Rostand (ou "Heurts et Malheurs d'une troupe amateur." Les comédiens de Naillac, dirigés par J.Y. Bertin, nous ont fait vibrer. Ils jouent juste, sans fioriture, ils sont drôles et savent donner de l'émotion aux spectateurs.
Il s'agit d'une adaptation de "Cyrano de Bergerac", avec des vers rapportés de J.Y. Bertin et de J.P. Vidotto.
L'auteur est parti d' "une idée simple: jouer"Cyrano" dans un contexte de répétition, des extraits seulement, situés et reliés par les indications du metteur en scène à ses acteurs..." mais il avoue qu'il s'est "retrouvé à écrire une pièce sur le Théâtre Amateur, ses plaisirs et ses avanies..."

Les dernières paroles de Cyrano sont d'une portée qui me touche beaucoup.
Qu'il serait bon que ceux qui veulent avant tout paraître s'imprègnent de cette noblesse d'âme et de l'exemple du sacrifice de cet homme (de fiction! dommage.)

Cyrano s'est levé, il sent bien que la mort va frapper.
Il lève son épée et frappe en direction du ciel.


Que dites-vous ? C'est inutile ? Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l' espoir du succès !
Non ! Non ! C' est bien plus beau lorsque c' est inutile !
- qu' est-ce que c' est que tous ceux-là ?
- vous êtes mille ?
Ah ! Je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
Le mensonge ? tiens, tiens !
- ha ! Ha ! Les compromis, les préjugés, les lâchetés ! ...
que je pactise ?
Jamais, jamais !
- ah ! Te voilà, toi, la sottise !
- je sais bien qu' à la fin vous me mettrez à bas ;
n' importe : je me bats ! Je me bats ! Je me bats !
oui, vous m' arrachez tout, le laurier et la rose !
Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
que j' emporte, et ce soir, quand j' entrerai chez Dieu,
mon salut balaiera largement le seuil bleu,
quelque chose que sans un pli, sans une tache,
j' emporte malgré vous,

et c' est...

mon panache
.

jeudi 21 février 2008

Avec l'accent!


Événement ou évènement ?
Voici ce qu'en disent Dominique Foata et Aimé Fuchs dans le livre Calcul des Probabilités : "La graphie avec l'accent aigu sur le 'e' de la deuxième syllabe n'a de justification ni phonétique, ni étymologique. Elle vient du fait qu'au XVIIè s. on n'utilisait l'accent grave que sur le « a » ou sur le « u ». Quand pour la troisième édition du Dictionnaire de l’Académie (1740) on décida de mettre un accent grave sur des mots comme « père », « funèbre », « allègre », etc..., l'imprimeur de l'Académie n'avait pas fondu assez de 'e' avec accent grave. Dans de nombreuses pages, il ne mit que des e avec accent aigu. Une dizaine de mots avaient donc échappé à cette régularisation, dont allégement, événement, sécheresse, etc. Lors de la quatrième édition (1762), quelques mots furent oubliés, dont évènement, où subsista l'accent aigu, lequel devient au XIXès. objet de vénération puriste". Les rectifications de 1990 ont supprimé ces anomalies dont Emile Littré avait déjà souhaité la correction.
Les lettres capitales accentuées
Une erreur trop souvent fréquente et encore inculquée dans des écoles, consiste à ne pas accentuer les capitales. Or, comme le dit Yves Perrousseaux (dans son Manuel de typographie): l'accent sur les capitales a pleine valeur orthographique, détermine la prononciation et évite la confusion de sens de nombreux mots.
L'Imprimerie nationale préconise l'utilisation systématique des capitales accentuées, y compris la préposition À. Si déjà nous, francophones, avons du mal à comprendre le sens de certains mots non accentués, à plus forte raison qu'en est-il des étrangers qui lisent, par exemple, nos documents touristiques!
Les dictionnaires de la langue française ont d'ailleurs optés pour l'accentuation des majuscules.
Genèse
L'origine de cette mauvaise pratique remonte au début de l'imprimerie. Les lettres étaient montées sur des petits blocs de plomb. Chaque pièce avait la même taille. Les minuscules possédaient un espace suffisant pour l'accent alors que les majuscules occupaient tout l'espace. Aussi, les machines composeuses étant d'origine anglo-saxonne aucune capitale était accentuée. Le même problème se posa plus tard avec l'arrivée des machines à écrire la plupart de conception anglo-saxonne.

Pour accentuer les majuscules avec l’ordinateur voir par exemple: http://pedroiy.free.fr/alphabets/index.htm.
ou http://www.langue-fr.net/d/maj_accent/windows.htm

vendredi 15 février 2008

N.S. exemple de moralité!



Selon l'Express: A Périgueux, N.S. a souhaité que les nouveaux programmes scolaires intègrent une "instruction civique et morale" qui "prévoit notamment l'apprentissage des règles de politesse et de bonne tenue, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française: le drapeau tricolore (...), Marianne, l'hymne national, à l'écoute duquel nos enfants devront se lever".


Son attitude plus que désinvolte avec Angela Merkel montre qu'il a du mal avec les convenances et avec la politesse.
Quant à la bonne tenue, est-il normal d'envoyer des textos lors d'un entretien avec une personnalité telle que le pape (même si je n'apprécie pas du tout cet homme).
A propos de la morale, notre président de la République ne sera pas en mesure de donner l'exemple!
Surtout pas l'exemple de la morale catholique à laquelle il déroge quand ça l'arrange (deux divorces) qu'il prône pourtant à tout va puisque la France est pour lui la fille ainée de l'Eglise.
Non plus "le respect des valeurs de la République": liberté (qu'il réfrène pour les citoyens), égalité (le monde des très riches dont il fait partie ne donne pas l'exemple d'égalité financière ou même judiciaire), fraternité (qu'il bafoue en fustigeant systématiquement ceux qui sont à la marge pour des raisons très variées mais surtout économiques).

Plutôt que la "Marseillaise", il faudrait qu'il pense à faire plutôt écouter l' "Hymne à la joie" (hymne européen), beaucoup moins guerrier et moins nationaliste, donc moins dangereux!

N.S. ne sait donc pas que l'école agit au niveau de la morale et de l'éducation civique, mais que c'est le monde extérieur qui donne le mauvais exemple. L'école ne peut pas redresser les parents, les politiciens douteux, les boursicoteurs, les industriels irrespectueux de leur personnel, les maffias, les fraudeurs du fisc, les vendeurs d'armes, les donneurs de dessous de table...

lundi 11 février 2008

Murailles




Les hommes se connaissent bien qu'ils se sont toujours sentis obligés de se protéger avec des murailles, des armes, des forteresses...




Voir le site des photographies aériennes de Franck Lechenet:
http://www.linternaute.com/sortir/les-citadelles-vauban-vues-du-ciel/lille-la-reine-des-citadelles.shtml

Histoire du vivre ensemble français

Parle à mon espérance, ma laïcité est malade.
Par PHILIPPE VAL le Mercredi 23 janvier 2008


Les vertus théologales sont au nombre de trois. La foi, l'espérance, la charité. Elles sont au fondement même de la doctrine chrétienne. Elles apparaissent au tout début du christianisme, dans une épître de Paul aux Corinthiens. On peut dire que « foi, espérance, charité» est la devise du christianisme. Il ne s'agit pas ici de porter un jugement de valeur sur ces vertus, mais de noter leur place et leur origine dans notre histoire.
Lorsque la Révolution française vient renverser la monarchie de droit divin, une sorte de nécessité historique plus ou moins consciente commande que l'avènement des temps nouveaux s'accompagne d'une nouvelle devise. L'autre devise, celle du christianisme, dont la divinité consacrait la royauté, doit disparaître, supplantée, frappée de caducité. C'est ainsi qu'aux vertus théologales de foi, d'espérance et de charité ont répondu les vertus républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité. Dès le mois de décembre 1790, ces trois mots assemblés apparaissent pour la première fois dans un discours de Robespierre. La devise de la République n'est pas arrivée jusqu'à nous sans accidents. De nombreuses fois on a voulu s'en débarrasser au profit d'un retour opportun des vertus théologales. L'Empire l'a interdite. La Restauration l'a interdite. Le second Empire l'a interdite. Le régime de Vichy l'a interdite. De tels ennemis honorent.

Jusqu'à maintenant, et quelles que soient leurs convictions religieuses, aucun des présidents de la Ve République ne s'est permis d'inciter le peuple à se rapprocher de Dieu. Nicolas Sarkozy est le premier à le faire, et ce faisant, non seulement il brise un tabou, mais il renie la longue lignée des acteurs de l'histoire qui ont bâti, parfois au prix de leur vie, la République qu'il préside. Leur premier combat a été d'arracher le pouvoir temporel aux religieux, afin de le rendre à la raison humaine. Lorsque Sarkozy déclare, devant un parterre de prélats, qu'en ce qui concerne la connaissance du bien et du mal jamais l'instituteur ne remplacera le prêtre ou le pasteur il ne parle pas pour lui, il parle pour les pauvres cons qui votent pour lui. Tout le monde a le droit de dire cela, sauf le président de la République. C'est, si près de Saint-Pierre, une surenchère dans le reniement.

Quand Sarkozy exalte l'espérance, qui est celle d'une vie éternelle après celle-ci, qui est plutôt duraille, il se fout du monde. Un président de la République qui substitue une vertu théologale à la devise de la République, il y a de quoi faire se retourner dans leurs tombes tous ceux qui; de la Révolution à la Résistance, se sont battus pour le droit des vivants, et non pour le salut des morts qu'on a toujours cherché à lui substituer.
Sarkozy citoyen a parfaitement le droit de parler de l'espérance, mais elle est totalement incompatible avec le Sarkozy président..
Ainsi, la foi serait supérieure à cette liberté dont les instituteurs sont coupables d'apporter le goût et l'usage aux enfants. L'espérance serait supérieure à l'égalité de droit. La charité serait supérieure à la fraternité. Inutile de dire qu'en redonnant aux responsables religieux le rôle de « directeur des ressources humaines» on s'engouffre fatalement dans des rivalités qui feront de saint Barthélemy le patron du vivre ensemble. On voit mieux maintenant le projet de société de Nicolas Sarkozy. Il tient dans une vieille maxime rénovée par la nature abrasive du temps présent: chacun pour soi et Dieu pour tous.

vendredi 8 février 2008

Soyons vigilants!

Les parents de notre petit fils, habitant en Alsace, l’ont emmené chez un médecin de ville pour obtenir un "certificat de socialisation" qui leur a été demandé par la directrice de l’école maternelle où il va s’inscrire.
Quand j’ai eu connaissance de ceci, j’ai grommelé !
Le rôle premier de l' école maternelle est justement de sociabiliser les jeunes enfants.
Vérifier si l'enfant comprend et parle le français en vérifiant s'il comprend une question et s'il sait y répondre, cela me choque!
Que fait-on des enfants qui n'obtiennent pas ce certificat? Ils sont en difficulté pour des raisons diverses (sociales, parentales, physiques, intellectuelles, ethniques...) donc on leur refuse l'entrée dans une école de la République française?
Où sont l'Egalité et la Fraternité.
Où est le respect des Droits de l'Enfance?
Alors, j'ai fouiné, trifouillé, cherché, remué, creusé...
Et OUF, je ne suis pas le seul à être choqué par cette demande. Ça me rassure !

J'ai trouvé ce qui suit sur:

http://www.association-samba.org/certificat-d-aptitude-a-la-vie.html
Question N° : 97305 publiée au JO le : 20/06/2006 page : 6362
M. Claude Leteurtre interroge M. le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le « certificat d’aptitude à la vie scolaire ».

Réponse du ministre publiée au JO le : 26/12/2006 page : 13664


"L’exigence d’un tel certificat ne paraît donc trouver son fondement dans aucune disposition de nature législative ou réglementaire."

Il est intéressant aussi de lire l’interview du docteur Leteurtre, député UDF, sur :

http://www.droit-medical.net/article.php?id_article=74#nb1

La directrice va devoir remballer ses exigences nauséabondes.