"... on confond éducation d'un enfant et fabrication d'un objet."
"L'UMP est un parti dont les penseurs sont viscéralement anti-Éducation nationale. Ces gens là sont dans une espèce d'allergie, il n'y a qu'à voir les congrès de l'UMP, dès qu'on y prononce le mot "professeur", dès qu'on y prononce les mots "service public", c'est la curée!"
"Sarkozy exige que, tous les matins, les enfants voient écrit au tableau: "Bien mal acquis ne profite jamais." Mais quand on voit les gens qui soutiennent Sarkozy, ce n'est pas très cohérent de sa part de demander une chose pareille."
Il est vrai que lire, écrire, compter, dire de bêtes phrases de morale et surtout répéter niaisement est un projet qui plaît à la majorité des français qui sont tellement des adeptes de TF1.
Sur le locataire l'Elysée et sur les réactionnaires de l'UMP, à propos de l'École de la République et des nouveaux programmes, Philippe Mérieu* dit exactement comme moi dans le Charlie Hebdo du 18 juin 2008.
Cette date devrait inciter à un appel à la révolte des enseignants.
*Philippe Mérieu est professeur en Sciences de l'Éducation à l'Université de Lyon II.
samedi 21 juin 2008
jeudi 12 juin 2008
Drôle de conception de la Politique.
Pour tenter de rallier un maximum de pays à son projet d’UPM* (Union Pour la Méditerranée) le Président Sarkozy a invité une quarantaine de dirigeants à Paris le 13 juillet, dont le Syrien Bachar Al-Assad. Ils ont aussi été conviés aux cérémonies de la fête nationale le lendemain.
La Fête Nationale est un symbole très fort en France (et ailleurs).
Le 14 juillet 1789 fut une journée sanglante avec la prise de la Bastille.
Il est bon de rappeler que le 21 mai 1880, le député Benjamin Raspail dépose la loi faisant du 14 juillet la fête nationale annuelle en commémoration du 14 juillet 1790, (fête de la Fédération qui a été la consécration de l’unité de la France et qui a fait son âme). Ce jour là sont portés haut les mots: "Liberté - Egalité -Fraternité"
Le Syrien Bachar Al-Assad aurait accepté l’invitation (selon Bernard Kouchner). Il faut bien rappeler que, pourtant, Bachar et sa famille règnent en maître avec tous les pouvoirs en Syrie et cela évidemment sans liberté de la presse et tous les opposants en prison.
Pourrait être aussi sur les Champs Elysées le président tunisien Ben Ali au pouvoir depuis avril 1989 après son coup d’Etat. Selon Wikipédia : «Il fait régulièrement l'objet d'accusation de violation des droits de l'homme de la part de diverses organisations de défense des droits humains ainsi que de divers médias étrangers. En mai 2008, le magazine Forbes estime la fortune personnelle du président à 5 milliards de dollars »
L’Egyptien Moubarak s’assiérait également à la tribune officielle. Il est président de l’Egypte depuis octobre 1981. Il a été réélu à la majorité lors des votes de 1987, 1993 et 1999, avec des scores supérieurs à 95% ! Maroc-hebdo.press.ma écrit :qu’un « … halo de peur entoure la personnalité du Raïs, autocrate et intouchable… » et considère que Hosni Moubarak est le « dictateur confirmé à la tête du plus grand pays arabe, à la pauvreté endémique due au népotisme de sa gestion… »
Kadhafi (le dictateurlybien) a fraîchement refusé ces invitations.
*L’ UPM est très mal perçu par les allemands. Selon l’Express.fr du 12/06/2008: « L'Allemagne n'apprécie pas le nouveau style de Nicolas Sarkozy qui ne s'est guère concerté avec ses partenaires. La chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé préférer une intensification de la coopération actuelle plutôt que de rajouter un étage supplémentaire à un édifice déjà fragile. L'Allemagne n'a pas non plus caché son scepticisme devant le pragmatisme français qui veut sceller une union avec des régimes non démocratiques et peu respectueux des droits de l'Homme. »
La Turquie pense qu’il s’agit d’un piège pour l’évincer de l’Europe.
Lors du sommet arabe convoqué le 11 juin 2008 à Tripoli, Kadhafi a considéré que ce projet était « un appât », « une sorte d’humiliation » et il a affirmé « Nous ne sommes ni des affamés, ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os. »
Les pays arabes (et plus particulièrement l'Algérie)expriment des réticences et veulent des clarifications.
La Fête Nationale est un symbole très fort en France (et ailleurs).
Le 14 juillet 1789 fut une journée sanglante avec la prise de la Bastille.
Il est bon de rappeler que le 21 mai 1880, le député Benjamin Raspail dépose la loi faisant du 14 juillet la fête nationale annuelle en commémoration du 14 juillet 1790, (fête de la Fédération qui a été la consécration de l’unité de la France et qui a fait son âme). Ce jour là sont portés haut les mots: "Liberté - Egalité -Fraternité"
Le Syrien Bachar Al-Assad aurait accepté l’invitation (selon Bernard Kouchner). Il faut bien rappeler que, pourtant, Bachar et sa famille règnent en maître avec tous les pouvoirs en Syrie et cela évidemment sans liberté de la presse et tous les opposants en prison.
Pourrait être aussi sur les Champs Elysées le président tunisien Ben Ali au pouvoir depuis avril 1989 après son coup d’Etat. Selon Wikipédia : «Il fait régulièrement l'objet d'accusation de violation des droits de l'homme de la part de diverses organisations de défense des droits humains ainsi que de divers médias étrangers. En mai 2008, le magazine Forbes estime la fortune personnelle du président à 5 milliards de dollars »
L’Egyptien Moubarak s’assiérait également à la tribune officielle. Il est président de l’Egypte depuis octobre 1981. Il a été réélu à la majorité lors des votes de 1987, 1993 et 1999, avec des scores supérieurs à 95% ! Maroc-hebdo.press.ma écrit :qu’un « … halo de peur entoure la personnalité du Raïs, autocrate et intouchable… » et considère que Hosni Moubarak est le « dictateur confirmé à la tête du plus grand pays arabe, à la pauvreté endémique due au népotisme de sa gestion… »
Kadhafi (le dictateurlybien) a fraîchement refusé ces invitations.
*L’ UPM est très mal perçu par les allemands. Selon l’Express.fr du 12/06/2008: « L'Allemagne n'apprécie pas le nouveau style de Nicolas Sarkozy qui ne s'est guère concerté avec ses partenaires. La chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé préférer une intensification de la coopération actuelle plutôt que de rajouter un étage supplémentaire à un édifice déjà fragile. L'Allemagne n'a pas non plus caché son scepticisme devant le pragmatisme français qui veut sceller une union avec des régimes non démocratiques et peu respectueux des droits de l'Homme. »
La Turquie pense qu’il s’agit d’un piège pour l’évincer de l’Europe.
Lors du sommet arabe convoqué le 11 juin 2008 à Tripoli, Kadhafi a considéré que ce projet était « un appât », « une sorte d’humiliation » et il a affirmé « Nous ne sommes ni des affamés, ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os. »
Les pays arabes (et plus particulièrement l'Algérie)expriment des réticences et veulent des clarifications.
lundi 2 juin 2008
Le changement!



Je suis jacobin.
Je pense que pour les grandes institutions de notre pays, la gestion doit être identique pour tous et décidée par les instances supérieures.
On en arrivera très bientôt à une école à la carte, comme me le disait il y a 35 ans un collègue à Calais. L'élève aura un certain nombre d'heures à recevoir. Il les effectuera à son rythme, à ses heures, en fonction des vacances de ses parents, des besoins de loisirs des familles, des souhaits particuliers... Les enseignants s'adapteront.
La merde s'étale doucement mais très efficacement. Elle est voulue et bien distribuée.
L'école laïque va forcément éclater.
On voit bien que les écoles se font la guéguerre: projet particulier, course aux subventions, aux récompenses, souhait de paraître dans la presse, concours et compétitions de toute sortes, volonté d'être repéré...
Le particularisme tue la coopération. L'élitisme tue les besogneux qui ne parviennent pas au sommet.
Le mensonge, l'individualisme, le m'as-tu vu, la prétention sont et seront les attitudes pour exister. L'enfant est appelé à l'apprendre très tôt dans ce monde dit "libéral" où la liberté consiste surtout à écraser ce qui gêne, ce qui est en travers du chemin.
Je sais que l'on va encore me dire que je suis en retard, que je suis un idéaliste, que je refuse le monde qui évolue... Pourtant je suis convaincu d'avoir raison.
L' entraide, la sincérité, la droiture ont permis à l' Homme d'évoluer vers un bien-être collectif.
Quand j'entends le mot "modernisation" dans la bouche des hommes politiques libéraux, je comprends: suppression des droits acquis par les salariés, diminution des aides de la Sécurité Sociale, stagnation des salaires, des retraites, dans une période de forte augmentation des prix, installation de la peur des étrangers, du licenciement, du chômage, reprise en main du monde du travail par le patronat qui redevient tout puissant et qui dicte sa loi au gouvernement, énormes différences entre les salaires, situations tragiques pour de plus en plus de personnes abandonnées par l' État...
L’ évolution des espèces animales concourt naturellement à un mieux vivre de celles-ci par une recherche d’adaptabilité progressive à l’environnement.
L’ Homme, après une évolution naturelle réussie par la vie en commun, semble être arrivé à un temps où sa société se délite et qu’il cherche, comme il ne l’a jamais fait autant auparavant, à éliminer les individus fragiles de cette société.
mardi 27 mai 2008
Palme à Cannes

La Palme d'or du 61ème Festival de Cannes a été décernée ce dimanche 25.05.2008 à la fiction documentaire Entre les murs, de Laurent Cantet.
La France a donc été primée.
Le Président de la République française n'a pas encore félicité (ce 28 mai 2008 à 22h)le réalisateur, son équipe et les acteurs, notamment des enfants d'immigrés (dont l'un sans papiers)du collège Françoise-Dolto, dans le 20e arrondissement de Paris, classé en ZEP.
Selon Le Monde.fr:
Une militante de RESF, chargée du collectif 20e arrondissement, résume ainsi au micro de France Info la portée de la Palme du film de Laurent Cantet : "Dans un monde où on parle de paillettes, de stars et de Cannes, tout le côté américain de Cannes, la réalité c'est autre chose. La réalité a eu un prix. La réalité, c'est une ZEP (zone d'éducation prioritaire) et des enfants sans papiers."
La photo est de AP/François Mori.
Mai 2008

Comme mai 68 est bien loin!
Très très tôt, ce matin du 27 mai 2008, sur le marché de Rungis, Nicolas Sarkozy s'est lancé dans une courte allocution. Il a notamment salué "cette France qui se lève tôt et qui ne demande qu'à vivre des fruits de son travail", avant d'ajouter: "le président est là aussi pour ceux qui ne cassent pas les abribus et ne demandent pas de subvention".
Lui et son épouse Carla ont choisi d’aller boire le café (image AP extraite de Nouvel Obs.com du 27.05.2008) plutôt que d’aller soutenir les poissonniers en grande difficulté en ce moment.
Deux secrétaires d'Etat, Hervé Novelli (Consommation) et Luc Chatel (Commerce) suivaient le chef de l’État mais n’ont jamais eu à prendre la parole.
Le 1er février 2007, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence, s’était déjà réveillé plus tôt que d’habitude pour déjà dire au même endroit qu’il voulait remettre la France au travail en invitant les français à travailler plus…pour gagner plus. C’était le message qu’il tenait absolument à faire passer ce jour-là dans les halles…même à un SDF.
Ainsi donc, aux yeux du président de la République française, quand les français comprendront qu’ils se doivent de bosser un maximum, de se taire, de ne pas manifester et surtout de ne pas demander d'argent, alors le pays ira bien.
jeudi 22 mai 2008
O.G.M.

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 22.05.08 | 18h49
"C'est par un ultime vote au Sénat que le projet de loi sur les OGM – qui a fait l'objet d'une motion de procédure à l'Assemblée, avant d'être réhabilité par une commission mixte paritaire, puis approuvé par les députés – a définitivement été adopté, jeudi 22 mai. Le texte, qui reconnaît notamment "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM", a été approuvé par 183 voix contre 42, le groupe PS s'étant abstenu."
Bon, comme ça c'est clair: le PS veut manger des OGM en avalant toutes les couleuvres qui passent.
En mai 2004 avait été lancée une campagne anti-OGM (cf tract) qui laissait à croire que les citoyens avaient leur mot à dire dans l'arrivée de plants modifiés dans leur assiette. Doux rêve de démocrates!
Les 71% des français qui voudraient bien connaître les effets de ces modifications génétiques sur la faune et la flore, sur l'avenir de la planète Terre et bien entendu sur leur santé n'ont pas été suivis!
Monsanto a gagné.Cette société pourra poursuivre ses méfaits (voir: http://www.stop-monsanto.qsdf.org/ et http://www.rue89.com/2008/02/16/ogm-quand-monsanto-seme-la-terreur)
Limagrain arrête ses recherches en France sous la pression des "arracheurs de maïs" mais poursuit les expériences en plein champ en Israël et aux Etats-Unis.
L'éruption en 1815 du volcan indonésien le Tambora et celle du Pinatubo aux Philippines en 1991 ont bien montré que les poussières peuvent se déplacer plusieurs années autour de notre planète. Et donc, toute "erreur génétique" lâchée à l'air libre retombera tôt ou tard loin de son lien de naissance.
Une nouvelle fois il est prouvé que l'appât du gain détruit la réflexion, la sensibilité et le simple bon-sens.
vendredi 11 avril 2008
Poésie des corons.


Les textes qui suivent sont de Jules MOUSSERON(le poète mineur).
Je les ai extraits de « Autour des terris »; « Mœurs et coutumes du Pays Minier »
(Poésies patoisantes) daté de 1928!
Le premier texte est étonnant aujourd'hui; il faut bien penser qu'il a été écrit au moment où les Houillères du Nord de la France faisait vivre une grande quantité de mineurs.
Les Terris d'Ostrevant
L'Oatrevant,viell' tierr' franque' et l' pus fertil' des tierres,
Donnée in réoompinse à nos chefs les pus forts,
A vu des 'lutt's terrip's d'où l'unité première
D' la" Franc' dévot sortir au prix d'sanglants efforts,
Mais, ,durant des longs siècl's, ses bell's plain's si prospères
Ont répandu la vi' dûss' qu'in donnot la mort.
Ch'tot l’guernÏer d'abodance ed' la Flandr’ toue intière:
Par cars et par batiaux s'inl'vot'nt ses moissons d:or;
Un autr' trésor dormot sous chell' tierr' vénérée.
Un jour, l’homme creusa l' sol, l’ carbon cangea l' contée
Et donna la richess' sous ses noirs pavillons,
A ch’t’heure, près des mués d’blé formés d’blondés javelles,
Les terris, comm’ d’ autr’s mués, gigantesques mamelles,
Drêch’nt leus point’s in offrande à nos biaux ciels wallons.
Le deuxième montre bien le cœur énorme des gens de bien piètre condition qui savent ce que misère veut dire.
Tableau de rue
Un homm' vêtu d' viell's loqu's sans nom,
Vieux mendiant à l' limit' dernière,
Est là, fonflissaut su s' bâton,
Courbé sous l' fardiau d' ses misères.
Eun' pauv' veuv' r'vient d’ toucher s’ pinsion,
- Modiqu' somm' ; moins qu’sin nécessaire -
C’ bonn' viell' femm', frappée d’compassion,
Met vingt sous dins l' main du pépère.
Et all' dit in s' sauvant viv'mint:
«Faut point qu'i voch' mes pauv's vêt'mints:
I r'fus'rot mes sous, craint' dé m' nuire.
Mais i n' m'a point vu', l' pauver vieux,
Tell'mint qu'il est ployé in deux:
Core heureus'mint! ... si in peut dire....
Ce troisième parle des séquelles de la première guerre mondiale et de cette jeunesse qui fut non scolarisée; il reste néanmoins une volonté de sourire.
Un gamin d'après guerre
Pour Léon Bocquet
La Guerr' maudite a mis l' mond' sens su d'sous.
AIl' a cangé' la vie et tout s' d'aIlache.'
D' gins raisonnap's, alle a fait des d'mi-fous
Et s'mé l' pathiau dins eun' masse ed' ménaches.
ln s' sintira longtemps d' ses résultats, .
Nous aut's surtout, in région libérée.
Permettez-m'in d' vous in citer un cas
Qui s'a passé par chi, dins not'contrée.
Un tiot gamin ed' treize à quatorze ans,
Qui n' savot point cor ni Iir' ni écrire
Parc' quê s' maman l'avot laissé tout l' temps
Vabonder, sans busier à l'instruire, -
S' mère aIl' voulot Ii fair' faire s' communion.
l n' connaissot pas un mot d' catéchime,
Un jour pourtant, l' bonn' femme invo' s' garchon
A confess', comm' si ch'étot pou la frime
V'là l' pauvre infant. dins l' noir confessionnal,
D' peur i-a ses g'noux qui buqu'tent su l' bois'rie,
Et quand in li-ouvre el trapp' du tribunal,
El malheureux i-est saisi t'qu'à l' vessie.
Monsieur l' vicaire i Ii dit d' commincher.
Mais l' tiot gamin rest' muet', l'air tout bête
Il n arnifell', soupire in s' grattant l' nez:
« Commencez donc-! qué l' curé Ii répète.
- Pou commincher, qu'est-c. qu'i faut die, Monsieur ?
- N' dit's pas Mom;ieur, d'abord! Dites: « Mon père » ;
- Commint, mon pèr' ! qu’i berdoul1 elpauv’ fieu,
- Vous' veulez ' rire ed' mi, Monsieur l’Vicaire ?
- Non, mon ami, allons, dépêchons-nous:
. - Dit's bien: «Mon pèr' » . . . D'avanc'ej vous excuse
- Mon pèr'! Mon pèr'! bé, vous m'estoquez tout!
- Mais oui, voyons, dit's: «Mon pèr', je m'accuse... »
- Oui, oùi, j' comprinds, mais j' sus tell'mint saisi...
- Pour dir', « Mon père» ? Ai-j' donc l'air si sévère ?
- Ch' est drôle ! Eh bin, vous êts ém' père, ainsi ?
- Oui, mon enfant,. ici je suis vot' père.
- Bin, in v'là eun'! j' n'ai pourtant pas rêvé ?
- Ah 1 ch'est vous m'pèr' ! qué l' bon Dieu vous bénisse!
Quê j' sus contint d' vous avoir artrouvé 1
M' mère ll' cache après vous d' pus l'Armistice !
Le quatrième texte est plus léger.
Politesse ed’ nouvel an
Ch'étot l' jour deI nouvelle année.
Au matin, malgré l' fort' gelée,
Malgré l'.coin du feu qu' j'ai si quier,
Dins m'gardin, tout seu, j' perdos l'air.
,
Jé m'prom'nos in çhuchénant m' pipe,
Quand j'aperchos m' visin, l' grand Ph'lippe,
Qui s' dém'not dins s' parc ed' porions
Pou n' d'avoir à mettre au bouillon.
L' grand Ph'lipp', déjà d"un certain âche,
Ch't' un bon visin; mais, - ch'est dommache ! –
Il est sourd, sourd comm' trent'-six pots!
I n'intind non pus qu'un caillau. .
El pauvre homm', réVillé à peine,
Piochot avecun pic à l' veine
Dins s' parc ed' porions ingéles.
I tapot comme un sourd qu'il est.
J' li crie pa d'sus deI palissate:
« Eh ! bin, quéqu' vous it's, comarate ?
Il a cor bin gélé ch' matin. »
Li m' répond: « A vous parell'mint!»
Le cinquième "poème" montre que l'on peut s'amuser sans bourse délier.
Les bouchons révélateurs.
A.Henri Guillaume.
A Cafougnette, el ninoche,
J'ai d'mandé pourquoi i m'tot
Des bouchons d' Champagn' dins s' poche,
A chaqu' fos qu'il in trouvot:
-« Bé, qu'i répond Cafougnette,
Comm' min yisin, Cahuant,
Est jaloux et malhonnête,
Jé m' moque ed' Ii d' timps - in temps.
Et ces bouchorls pleins d' dorures,
Tous les lundis, au matin,
J' les mets su m' bac à z-ordures...
Puis, d'Ion, j'observ' min visin.
Cha l' fait bisquer, cha l' démonte!
I dit in crachant s' n'amer:
« Ch' pouilleux-là, qu'mint qu'i fait s' compte ?
I-a cor bin vécu hier ! "
Le sixième récit me rappelle que mon grand père maternel est devenu galibot à 12 ans. Sa mère qui ne voulait pas qu'il aille "au fond" a toujours refusé de le réveiller le matin. Il allait à pied jusqu'à la fosse distante de quelques 3km de chez lui. C'est mon père instituteur qui lui a appris à lire alors qu'il avait 33 ans afin qu'il puisse devenir porion!
Souvenir d'infance
A cent-seiz’ mètr’s, étant gamin,
J’ouvros comm’ galibot à l’fosse,
Quand au jour, i pssot un train,
Cha craquot, efftayant les gosses.
Si bin qu’l’heur’ du briquet, l’matin,
S’annonçot par grond’mints atroces ;
Et quand d’s’in aller ch’tot l’momint,
Un aut’train grondot la mêm’ chosse.
L’fracas sonnot les heur's ainsi.
J’m’aros j'té dins un tro d' souris'
Tell'mint qu' j'avos peur dé c't' horloche.
A ch't' heur', sous tierre, à pus d'mill' pieds,
L’gamin aim' bin l'heur'du briquet… ;
Mais, mi, j' mouros d' peur à s' n'approche.
mercredi 2 avril 2008
Le point-virgule.

D’après Guillemette Faure | Rue89 | 24/03/2008 |
…Le point-virgule intimide. « Les gens ne savent souvent pas l’utiliser. Il est un peu hybride entre le point et la virgule….C’est qu’on appelait la virgule forte au XVIIIe siècle. Parfois il est plus proche du point et on le met quand on change d’idée. »
(Rappel pour les handicapés de la ponctuation : le point-virgule s’utilise avec deux membres distincts qu’on veut mettre en opposition ou en parallèle.)
… Où trouver les derniers points-virgules vivants ? Dans la presse. Sylvie Prioul*, qui a passé en revue un numéro entier de L’Humanité pour n’en trouver qu’un (perdu dans un édito), conseille de fouiller les pages d’analyses des quotidiens. « Ce qui fait survivre le point virgule, ce sont les tribunes, les pages rebonds, ce qui est un peu long. »
Et en littérature ? Peut-on encore espérer en croiser quand Annie Ernaux dans son dernier bouquin balance des souvenirs sur des pages sans majuscules ni points ?
On rencontrera le point-virgule avec plus de chance chez les auteurs du XIXe siècle – Victor Hugo, Flaubert – qui en sèment à longueur de pages. Plus récemment, Houellebecq l’utilise en toute simplicité. « Il n’arrivait plus à se souvenir de sa dernière érection ; il attendait l’orage. »
Faute de mieux, restera toujours le Journal Officiel qui en utilise à foison pour ses énumérations. Autre utilisation technique de la ponctuation, les programmeurs informatiques en utilisent aussi à loisir pour les séparations. Dernière étape avant qu'il ne soit plus qu'une larme de binette.
Le « comité de défense du point-virgule » a disparu de la toile.
*Sylvie Prioul : auteure de La Ponctuation ou l'art d'accommoder les textes,
jeudi 6 mars 2008
Convictions selon les circonstances.


Je découvre des gens extraordinaires en Dordogne.
Le dernier exemple est Monsieur Jean-Paul Goubie, patron départemental du MEDEF, chef d'une entreprise de 150 employés produisant du bois de construction à Prigonrieux.
Il conduit, à Prigonrieux (commune de 4000 habitants limitrophe de Bergerac) une liste soutenue par l'UMP et le Modem, contre trois autres de gauche.
Mais s'agit-il d'une liste de droite ?
"Oui et non, en fait. Comme le dit ce spécialiste de la vie politique prigontine, qui tient par dessus tout à rester discret : « Ici, la tête de liste la plus à droite n'est pas celle que l'on croit, et la tête de liste la plus à gauche n'est pas non plus celle que l'on croit.» Une aspirine ?
Jean-Paul Goubie est issu d'une vieille et emblématique famille communiste de Prigonrieux. Mais c'est un patron. Du coup, on s'y perd un peu. A la présidentielle, il vote pour la socialiste Royal. Aux cantonales, il vote pour le communiste Zaccaron (maire de La Force). Aux législatives, il vote pour l'UMP Garrigue (maire de Bergerac). Et aux municipales ? Il vote François Lasternas (maire sortant de Prigonrieux), comme (presque) tout le monde. « Je suis pour la politique pragmatique », dit-il. C'est le moins que l'on puisse dire..." (extrait de Sud-Ouest.com du mercredi 5 mars 2008)
mardi 4 mars 2008
Nos racines
Pour une fois, je laisse dire et ne rajoute rien. Cet article me convient parfaitement.
Judéo-chrétien
Il est des phrases qu'iI faut qu'on tue. De ces sentences péremptoires, éructées une fois pour toutes par un pompeux imbécile qui croyait avoir inventé le papier tue-mouches ou par un homme d'esprit - c'est un métier? - tout heureux de laisser au monde ébloui un de ces aphorismes qu'on pose sur la cheminée du salon pour les regarder bien à l’aise.
Voici la formule. Elle s'assène avec une calme certitude, en début de cours ou de discours, assurée que nul ne songerait à la discuter, pas plus u'on ne discuterait la constatation que le soleil se lève à l’est:
« Du fait de notre culture profondément judéo-chrétienne, nous, Occidentaux... etc. »
Variante: « Il est certain que notre civilisation, fruit d'une pensée essentiellement judéo chrétienne... etc. »
Ou encore: « Notre philosophie, notre aptitude au raisonnement scientifique, notre sensibilité artistique, nos conceptions morales même sont le produit de deux mille ans de christianisme. C'est par cette tournure de pensée judéo-chrétienne que l’Occident a su s'imposer au monde entier, en faire la conquête, comprendre l’Univers, déceler les lois qui régissent la nature, soumettre celle-ci à la satisfaction de nos besoins... etc. »
Eh bien, non. Ce qui caractérise la pensée dite « occidentale» n'a rien de judéo-chrétien, pour autant que ce mot à charnière signifie quelque chose. La pensée rationnelle est apparue – longtemps avant la naissance du supposé Christ - en Grèce. « Rationnelle» parce que enfin elle avait pu fonctionner en faisant fi des pulsions perturbantes des instincts, peurs, passions, sentiments et autres pièges de l’irrationnel. Ce ne fut pas l’effet d'un miracle, une espèce d'illumination. J'imagine que cela se fit par étapes. Enfin la méthode était prouvée.
Cette méthode - la pensée féconde – fut transmise par la Grèce à Rome. Elle disparut peu après les débuts de l’ère qu'on dénomme « chrétienne », sous les coups des barbares teutonesques, certes, mais surtout par la
Minutieuse autant que brutale extirpation des empereurs devenus chrétiens et prosélytes.
Il se peut que j'insiste un peu trop sur des faits supposés scolairement appris, veuillez me le pardonner et sautez le passage. La nuit médiévale devait durer du quatrième au seizième siècle. Mille deux cents ans. L’Occident n'était que fracas d'armes et bourdonnement de patenôtres.
Cependant l’héritage grec - gréco-romain! - se cramponnait à la vie, dans les cerveaux fertiles de penseurs arabes et juifs que leurs religions laissaient libres sur ce point tant qu'ils ne touchaient pas aux dogmes. Il est amusant de se dire que les croisades, ces massacres imbéciles au nom de la foi, contribuèrent aux premiers
contacts, aux premières curiosités entre l'Occident abruti par l’Église et l’Orient plus ouvert à la pensée objective.
Vint la Renaissance. Vinrent les Lumières. On osait secouer la lourde chape. La pensée, d'abord timidement - elle eut ses martyrs -, reprenait vie. Et ce fut l’embrasement. Quand on commence à raisonner, à observer, à expérimenter, causes et effets s'enchaînent, accélèrent, la connaissance n'a plus de limites. Le dogme est immuable. La science vole vers la lumière
Encore une fois pardonnez-moi ce rabâchage un peu trop scolaire. Il n'était pas superflu pour conclure que
rien, là-dedans, n'est l’effet d'une pensée « judéo-chrétienne ». Les progrès de la connaissance ne lui doivent rien. Tout au contraire, cette « pensée », c'est-à-dire l’Église, a tout fait pour en contrarier l’émergence. Le christianisme fut une tumeur, une excroissance pathologique qui eût pu être mortelle. C'est lorsqu'il se fut enfin débarrassé de cet étouffoir que l’esprit put fonctionner à 'pleine puissance.
Je ne prétends pas que la pensée rationnelle soit le fait exclusif d'athées ,ou de sceptiques. Je dis seulement que ce n'est pas dans la Bible, dans les Évangiles ou dans un quelconque livre dit « saint » que Newton, Copernic, Galilée, Einstein, Avicenne, les Curie, Watson et Crick… sont allés chercher des principes de raisonnement. Tout scientifique accroche Sa foi au portemanteau du vestibule avant d'entrer dans son laboratoire.
Vous pensez que je me tracasse pour des vétilles? Que désormais la foi reste bien sagement à sa place, à genoux dans l’église, laissant la raison s'occuper des choses sérieuses? Écoutez la rumeur. Elle a de plus en plus un ton de psalmodie qui, sournoisement, couvre peu à peu les autres voix. Des hommes d'État militent pour que le mot « Dieu» ou, à tout le moins, une référence à la christianité foncière de l’Europe soient mentionnés dans la Constitution de l’Union. Un président de la République - le nôtre! - veut introduire plus de « spiritualité» - celle des sorcières et des curés - dans la vie sociale et politique.
La cause est entendue. La part « judéo-chrétienne» de la pensée occidentale est une excroissance parasitaire, un anti-progrès, une maladie mentale du corps social. Comme toute pensée tordue par une religion. Nos fondations reposent sur le roc gréco-romain, s'il faut absolument lui donner un nom à rallonges.
Il ne manque pas d'écrivains, de philosophes, voire de scientifiques, pour essayer de marier la foi religieuse et la raison raisonnante. Acrobaties de timorés...
Je sais. Récuser Dieu n'est pas, mais pas du tout du tout tendance. On ne se refait pas.
Cavanna Charlie-Hebdo Mercredi 20 février 2008
Judéo-chrétien
Il est des phrases qu'iI faut qu'on tue. De ces sentences péremptoires, éructées une fois pour toutes par un pompeux imbécile qui croyait avoir inventé le papier tue-mouches ou par un homme d'esprit - c'est un métier? - tout heureux de laisser au monde ébloui un de ces aphorismes qu'on pose sur la cheminée du salon pour les regarder bien à l’aise.
Voici la formule. Elle s'assène avec une calme certitude, en début de cours ou de discours, assurée que nul ne songerait à la discuter, pas plus u'on ne discuterait la constatation que le soleil se lève à l’est:
« Du fait de notre culture profondément judéo-chrétienne, nous, Occidentaux... etc. »
Variante: « Il est certain que notre civilisation, fruit d'une pensée essentiellement judéo chrétienne... etc. »
Ou encore: « Notre philosophie, notre aptitude au raisonnement scientifique, notre sensibilité artistique, nos conceptions morales même sont le produit de deux mille ans de christianisme. C'est par cette tournure de pensée judéo-chrétienne que l’Occident a su s'imposer au monde entier, en faire la conquête, comprendre l’Univers, déceler les lois qui régissent la nature, soumettre celle-ci à la satisfaction de nos besoins... etc. »
Eh bien, non. Ce qui caractérise la pensée dite « occidentale» n'a rien de judéo-chrétien, pour autant que ce mot à charnière signifie quelque chose. La pensée rationnelle est apparue – longtemps avant la naissance du supposé Christ - en Grèce. « Rationnelle» parce que enfin elle avait pu fonctionner en faisant fi des pulsions perturbantes des instincts, peurs, passions, sentiments et autres pièges de l’irrationnel. Ce ne fut pas l’effet d'un miracle, une espèce d'illumination. J'imagine que cela se fit par étapes. Enfin la méthode était prouvée.
Cette méthode - la pensée féconde – fut transmise par la Grèce à Rome. Elle disparut peu après les débuts de l’ère qu'on dénomme « chrétienne », sous les coups des barbares teutonesques, certes, mais surtout par la
Minutieuse autant que brutale extirpation des empereurs devenus chrétiens et prosélytes.
Il se peut que j'insiste un peu trop sur des faits supposés scolairement appris, veuillez me le pardonner et sautez le passage. La nuit médiévale devait durer du quatrième au seizième siècle. Mille deux cents ans. L’Occident n'était que fracas d'armes et bourdonnement de patenôtres.
Cependant l’héritage grec - gréco-romain! - se cramponnait à la vie, dans les cerveaux fertiles de penseurs arabes et juifs que leurs religions laissaient libres sur ce point tant qu'ils ne touchaient pas aux dogmes. Il est amusant de se dire que les croisades, ces massacres imbéciles au nom de la foi, contribuèrent aux premiers
contacts, aux premières curiosités entre l'Occident abruti par l’Église et l’Orient plus ouvert à la pensée objective.
Vint la Renaissance. Vinrent les Lumières. On osait secouer la lourde chape. La pensée, d'abord timidement - elle eut ses martyrs -, reprenait vie. Et ce fut l’embrasement. Quand on commence à raisonner, à observer, à expérimenter, causes et effets s'enchaînent, accélèrent, la connaissance n'a plus de limites. Le dogme est immuable. La science vole vers la lumière
Encore une fois pardonnez-moi ce rabâchage un peu trop scolaire. Il n'était pas superflu pour conclure que
rien, là-dedans, n'est l’effet d'une pensée « judéo-chrétienne ». Les progrès de la connaissance ne lui doivent rien. Tout au contraire, cette « pensée », c'est-à-dire l’Église, a tout fait pour en contrarier l’émergence. Le christianisme fut une tumeur, une excroissance pathologique qui eût pu être mortelle. C'est lorsqu'il se fut enfin débarrassé de cet étouffoir que l’esprit put fonctionner à 'pleine puissance.
Je ne prétends pas que la pensée rationnelle soit le fait exclusif d'athées ,ou de sceptiques. Je dis seulement que ce n'est pas dans la Bible, dans les Évangiles ou dans un quelconque livre dit « saint » que Newton, Copernic, Galilée, Einstein, Avicenne, les Curie, Watson et Crick… sont allés chercher des principes de raisonnement. Tout scientifique accroche Sa foi au portemanteau du vestibule avant d'entrer dans son laboratoire.
Vous pensez que je me tracasse pour des vétilles? Que désormais la foi reste bien sagement à sa place, à genoux dans l’église, laissant la raison s'occuper des choses sérieuses? Écoutez la rumeur. Elle a de plus en plus un ton de psalmodie qui, sournoisement, couvre peu à peu les autres voix. Des hommes d'État militent pour que le mot « Dieu» ou, à tout le moins, une référence à la christianité foncière de l’Europe soient mentionnés dans la Constitution de l’Union. Un président de la République - le nôtre! - veut introduire plus de « spiritualité» - celle des sorcières et des curés - dans la vie sociale et politique.
La cause est entendue. La part « judéo-chrétienne» de la pensée occidentale est une excroissance parasitaire, un anti-progrès, une maladie mentale du corps social. Comme toute pensée tordue par une religion. Nos fondations reposent sur le roc gréco-romain, s'il faut absolument lui donner un nom à rallonges.
Il ne manque pas d'écrivains, de philosophes, voire de scientifiques, pour essayer de marier la foi religieuse et la raison raisonnante. Acrobaties de timorés...
Je sais. Récuser Dieu n'est pas, mais pas du tout du tout tendance. On ne se refait pas.
Cavanna Charlie-Hebdo Mercredi 20 février 2008
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